Guide d’encadrement pour enseigner les fondamentaux de l’arbalète Field

ARBALETE FIELD

Guide d’encadrement pour enseigner les fondamentaux de l’arbalète Field

Objectif : mettre rapidement un élève en capacité de tirer à l’arbalète en toute sécurité pour les autres

pour lui même pour préserver le matériel.

Ce document s’appuie sur les exigences du règlement sportif pour leur bien-fondé en termes de sécurité, même si l’intérêt de l’élève se limite à une pratique de loisir.

  • Par « élève », on entendra toute personne découvrant les bases techniques du tir à l’arbalète Field.
  • Ces techniques s’appliquent aux arbalètes s’armant à la main telles que prévues pour la pratique sportive, sans recours à des artifices équipant certains modèles à grande puissance tels que bandoirs, cordons démultiplicateurs ou manivelles. Dans ce cas, se référer aux préconisations du constructeur pour la partie « armement ».

      PREALABLES

1- Le tireur :

Le règlement sportif interdit à peu près tout sur le tireur : vêtements spéciaux, gant de tir, etc. Les verres correcteurs prescrits médicalement sont autorisés.

Au plan vestimentaire, il faudra ôter ou masquer tout artifice risquant un contact avec la corde de l’arbalète : chaîne, médaillon, foulard… les cheveux longs doivent être attachés.

Opter pour des vêtements confortables, mais ajustés de préférence. Fermer les vestes.

2- Le stand ou terrain de tir

L’arbalète se tire « indoor » (en salle) l’hiver, en extérieur l’été.

Dans tous les cas, le stand comportera : 

  • une ou plusieurs lignes de cibles (selon distances)
  • une ligne de tir où se placent les tireurs
  • occasionnellement, une ligne d’attente si deux tireurs alternant par cible 
  • une ligne de séparation tireurs/spectateurs
  • Des distances de sécurité suffisantes avec restriction d’accès et visibilité dégagée, ou tout dispositif destiné à empêcher les flèches de sortir du périmètre.

3- La sécurité

Les règles générales de sécurité sont les mêmes que pour le reste du tir sportif. La sécurité est facilitée par le fait qu’une arbalète armée est facile à reconnaître en l’état.

S’y ajoutent quelques particularités :

  • interdit de toucher une arbalète sur la ligne de tir si l’autorisation n’a pas été donnée par l’instructeur ou avant le signal 
  • interdit d’abandonner une arbalète armée, même sans flèche
  • toujours orienter une arbalète armée vers les cibles
  • ne jamais placer les doigts sur la trajectoire de la corde, en particulier pour mettre la flèche en place
  • quand on place une flèche sur l’arbalète, celle-ci est orientée vers les cibles ET vers le bas.
  • ne jamais orienter une arbalète plus haut que la ligne supérieure des cibles, en particulier à l’épauler.

Si un temps est imparti pour tirer une volée de flèches alors que plusieurs tireurs sont alignés, il faudra recourir à des commandements sonores, éventuellement renforcés par des systèmes visuels (feux tricolores ou panneaux de couleurs).

Dans tous les cas, les commandements sonores priment sur les signaux visuels ; ils peuvent être exprimés au sifflet, à défaut à la voix.

Code des commandements sonores :

  • 2 coups  « préparez-vous » le tireur peut prendre l’arbalète en mains, effectuer tous types de réglages mais tendre l’arc
  • 1 coup  « tir » le tireur peut armer et tirer toutes les flèches de sa volée

2 coups « arrêtez le tir » poser obligatoirement l’arbalète au sol, après avoir ôté la flèche et désarmé si le tireur n’a pas eu le temps de finir sa volée.

  • 3 coups « résultat » ce n’est qu’à partir de ce signal que l’on peut se rendre aux cibles.

NB : entre les commandements « arrêtez le tir » et « préparez-vous » pour le tir suivant, il est interdit de toucher aux arbalètes. 5 coups répétés (ou plus) en cas de danger imminent : cessez le tir immédiatement, les armes sont déchargées et les arcs détendus.

CONDUIRE LA SEANCE

1- Identifier si l’élève est gaucher ou droitier, adapter l’arbalète en conséquence

  • Acquérir la position de tir

2.1  placement du bras porteur – démonstration par le moniteur, puis mise en situation assistée de l’élève :

Pieds à cheval sur la ligne de distance, écartés à peu près de la largeur des épaules, pointes légèrement divergentes.

Prendre l’arbalète par le pommeau (main gauche si tireur droitier).

Déhancher le bassin en direction de la cible, poser le coude gauche (tireur droitier) sur la saillie iliaque.

Chercher l’équilibre : l’arme doit être portée sans effort par l’alignement des segments verticaux bras / cuisse / jambe. Les genoux sont verrouillés en arrière (si possible).

Faire reproduire ce placement par l’élève : alignement devant la cible, placement des pieds, du bassin, du coude, enfin rechercher l’empilement correct pour un porté de l’arme sans effort.

2.2 Epauler : démonstration par le moniteur, puis mise en situation assistée de l’élève. A partir de la situation ci-dessus, envelopper la crosse avec le bras droit (tireur droitier) en cherchant l’appui au creux de l’épaule droite et prise en main droite de la poignée de crosse. Poser la tête sur l’appui-joue, regarder dans l’œilleton.  Si nécessaire (et si possible), régler la longueur de crosse et/ou le placement de l’appareil de visée à distance correcte de l’œil. Faire reproduire par l’élève ; pour s’assurer que celui-ci voit correctement à travers l’œilleton le moniteur place son doigt sur la ligne de visée (l’élève doit le voir à travers l’œilleton) puis l’avance jusqu’à désigner le tunnel et demander à l’élève de décrire ce qu’il voit à l’intérieur : le guidon (forme annulaire, rectangulaire, point virtuel ou « grain d’orge »).   Laisser l’élève reprendre son souffle, puis lui faire reproduire la prise de position et l’épauler jusqu’à ce que ce soit acquis.   2.3 Prise de visée : 
Expliquer à l’élève ce qu’il doit voir pour une visée correcte : point virtuel ou grain d’orge au centre de la cible (zone jaune) ou guidon annulaire autour du visuel (zone noire), ou guidon rectangulaire sous le visuel (visée type « pistolet »)
une fois l’arbalète épaulée, faire rechercher la cible et affiner la position. L’alignement œilleton / guidon / visuel doit se faire sans tiraillement, avec un bouger minimum. Si besoin d’ajuster latéralement : déplacer les pieds pour une rotation d’ensemble conservant les placements acquis. Si besoin d’ajuster verticalement, agir de préférence sur l’arme : régler si possible la hauteur du pommeau, à défaut la hauteur de la plaque de couche. Si l’arme ne dispose pas de ces réglages, ajuster l’écartement des pieds et/ou la rétroversion du bassin et placement du coude (bras porteur).   2.4 Placement du doigt sur la queue de détente : le moniteur montre la zone de contact du doigt, la course de la queue de détente, puis demande à l’élève de reprendre sa visée et « faire semblant de tirer » en appuyant sur la queue de détente. Il vérifie le placement du doigt et le bon contrôle de l’action (l’arme reste alignée et la visée se poursuit pendant cette simulation) Recommencer autant que nécessaire jusqu’à ce que l’élève se sente suffisamment sûr de lui pour poursuivre.
  • Découvrir et maîtriser le départ du coup
    • Le moniteur reprend l’arbalète en main et l’oriente par rapport à l’élève de sorte que ce dernier puisse voir le déplacement de la queue de détente sous l’action du doigt. Il décrit le mouvement du lâcher : pré-course, arrêt sur le point dur (bossette) et départ du coup. Utiliser le tir à sec si l’arme dispose d’un tel dispositif pour faire reproduire le geste par l’élève.
    • Même disposition : le moniteur bande l’arc et retient fermement la corde. Il demande à l’élève de placer sa main droite (tireur droitier) sur la poignée de crosse, le doigt au contact de la queue de détente SANS FAIRE PARTIR LE COUP.

Demander à l’élève d’appuyer progressivement sur la queue de détente jusqu’à sentir le point dur et s’y arrêter SANS FAIRE PARTIR LE COUP. Recommencer jusqu’à réussite de l’exercice. L’élève doit maîtriser le départ du coup : le moniteur vérifie au moins deux fois cette aptitude en demandant à l’élève de s’arrêter sur le point dur, imaginer qu’il vise, puis de tirer à son signal.

  • Tirer la première flèche

4.1 Le moniteur arme l’arbalète devant l’élève et place la première flèche en expliquant et en décomposant le geste : la pointe passe sous le tunnel de l’arc (le cas échéant), le tube est orienté de sorte que la plume « coq » (et toujours celle-là) soit insérée dans le rail de guidage, la flèche est remontée en glissant sur le rail jusqu’au contact de la corde.  Observer :

  • les doigts sont toujours placés au-dessus du tube et jamais sur le trajet de la corde ! 
  • l’action de la languette de maintien de flèche qui empêche celle-ci de glisser.
    • Le moniteur demande à l’élève de prendre la position de tir qu’il connaît désormais, SANS

TOUCHER LA QUEUE DE DETENTE.

Il s’assure que l’élève est bien aligné vers sa cible et en position.

  • le moniteur demande à l’élève de poser le doigt sur la queue de détente sans faire partir le coup, comme dans l’exercice précédent.
    • Il demande à l’élève de tirer sa flèche en plein milieu du panneau porte-cibles (sans tenir compte des visuels en cas de cible tri-spot) et de se concentrer seulement sur les sensations :

appuis, tenue ferme sans crispation, lâcher, réaction de l’arme.

Tirer la deuxième flèche

Le moniteur arme de nouveau l’arbalète et demande à l’élève de placer la flèche comme vu précédemment.

Si la première flèche est bien partie, il demande à l’élève de viser désormais le centre de la cible (si tri-spot, désigner le blason à tirer) Le moniteur observe la suite de la séquence, prêt à intervenir en cas de nécessité.

– Tirer la troisième flèche Le moniteur arme de nouveau l’arbalète et observe la suite pour vérifier la maîtrise des opérations par l’élève.

  • L’armement (bander l’arc)

Cette opération participe à l’établissement de la performance, dans la mesure où un armement défectueux occasionnera un écart de tir important, avec risque d’endommager la flèche.

    7.1 Démonstration par le moniteur

Respecter impérativement le principe de symétrie : la corde doit rester parfaitement centrée sur le rail une fois l’arbalète armée. En effet, une corde mal positionnée se recentrera d’elle-même à la décoche et chassera le talon de la flèche qui s’y appuie, provoquant un écart latéral important.

Pour armer correctement une arbalète :

  • Arme verticale, étrier au sol : engager nettement le pied dans l’étrier (les deux pieds en parallèle si étrier en T)
  • Crocheter la corde avec les doigts des deux mains de part et d’autre de l’arbrier (corps de l’arbalète).
  • monter les deux mains parallèlement en gardant le contact de la corde sur le rail, en un seul mouvement jusqu’à enclenchement du système d’accrochage. Pour cela : pincer la corde des deux côtés entre pouce et index au ras de l’arbrier, les autres doigts sont fermement repliés sur la corde. Les mains doivent monter à la même vitesse le long de l’arbrier sans possibilité de jeu latéral, jusqu’à enclenchement de la corde.
  • Contrôler le centrage de la corde à l’aide du tranche-fil qui doit dépasser également de chaque côté du rail une fois l’arbalète armée.

Dans tous les cas, éviter de placer les doigts sur la trajectoire de la corde, une fois l’arbalète armée.

7.2 Armement par l’élève

C’est certainement le moment le plus difficile pour un débutant. Ne pas insister s’il a du mal à y parvenir : le moniteur bandera l’arc pour lui et reportera cette partie de l’initiation à une séance ultérieure, en utilisant si possible un arc plus faible pour commencer.

Les difficultés rencontrées par les débutants viennent de leur légitime appréhension à tendre un arc qui emmagasine l’énergie, tout en maintenant le reste de l’arbalète dont la crosse peut gêner le mouvement. De plus, la force requise pour tendre l’arc augmente avec la montée de la corde. Il faut donc exécuter le mouvement rapidement plutôt que s’épuiser à monter la corde progressivement. Mais c’est un geste nouveau et donc difficile à exécuter en vitesse. Le moniteur veillera au bon centrage de la corde avant chaque tir.


Guide d’encadrement pour enseigner les fondamentaux de l’arbalète Field